Intro :
Du vent.
Beaucoup de vent.
Du temps.
Trop de temps.
Du bruit.
Un vacarme à rendre sourd le silence.
...
(praesagium) un matin :
Aussi loin que tu le peux,
Tends tes bras et tais toi.
Imagine des ailes métalliques au goût de mercure.
Envoles toi.
Je crache l'attente.
Envoles toi.
Je t'ai trouvé au bord de la route.
Tu rampais là comme un insecte à moitié mort,
Et j'ai fais de toi un ange.
Envoles toi loin, très loin.
Trop loin pour me voir pleurer.
Qui s'en souciera...
#ciel02 :
Les volutes de fumées au soleil couchant.
Où es tu né petit grain de poussière?
Le bourdonnement lancinant à la dérive.
Se laisser aller à la schizophrénie d'un soir.
Naissent les nuages, tournent les nuages, meurent les nuages, et s'écrase le ciel.
Ne reste que toi, petit grain de poussière.
Tourbillon de couleur, écho sans fin.
La vie-mystère d'un astre.
Ce n'est qu'un ciel qui disparaît, un parfum de rouille et d'isolement.
La maison de pierre et son architecte, impressions :
Je marche vers cette maison de pierre. Il pleut fort et je sens toute la rancoeur du ciel peser sur la vallée.
J'arrive à la maison de pierre. Comment suis-je arrivé là? Je me rappelle avoir ouvert les yeux dans une vallée noire, et le ciel devenait violet, et la pluie électrique s'est mise à tomber. Alors j'ai marché vers cette maison de pierre.
J'ai froid. Ce n'est pas un froid de frissons. Mais un froid qui vous mord tellement fort, tellement violemment, qu'il semble surgir d'un souvenir perdu. Il me dévore et gagne jusqu'à mes entrailles.
La maison de pierre me fait peur. J'entends comme des forges.
Cela vient de l'intérieur. A moins que ce soit mon coeur.
La maison de pierre semble si vieille... si seule au milieu de cette vallée sans chemins. Il n'y a que des hautes herbes qui dansent de toute leur beauté, et le vent est le musicien fantomatique aux multiples mains virtuoses posées sur ses instruments invisibles.
Parfois un arbre se dresse, roi de solitude, perdu dans la vallée noire. Ses branches dénudées semblent implorer l'instant de le laisser revoir la lumière du Soleil, car aucun des nuages qui recouvrent toute la terre ne laisse passer la précieuse lumière tant invoquée.
Il fait si sombre. Je me crois dans un rêve. Dans un film perdu où il manquerait la fin, et je rejouerai cette scène, coincé à jamais au pied de la maison de pierre.
(praesagium), un soir :
Reviens moi, ange éphémère.
Que tes ailes deviennent lourdes, je t'en supplie.
Reviens moi.
Tu vas quitter les hauteurs, où tu façonnes tes sculptures de vapeur,
Et me rejoindre sur les pierres brisées par la foudre.
J'ai fais de toi un ange avec un souffle,
Afin que tu puisses voir ces pays que je cherche.
Tu es si libre que tu en oublies ton passé.
Tu ne me dois rien.
Mais reviens moi.
-blackout syndrom- :
Où se trouve la sortie, dans cet enfer mécanique?
Je dois trouver ma voie dans les rouages aveugles.
Danse :
S'approcher avec les ténèbres et manquer à l'appel de la peur.
Oublier le cycle du jour et de la nuit.
La danse continue, carillon, horlogerie, pantins.
Se tourner vers soi-même et suivre la voie qu'on devra se tracer.
Les réponses se cherchent à la lueur d'une bougie.
Si les yeux en pleurent alors il est trop tôt pour s'échapper.
Ils doivent brûler pour voir réellement.
Un masque et une promesse te guideront
Pour que tu deviennes toi.
Les murs d'ombres se resserrent sur le corps prisonnier.
Enveloppe écrasante qui ronge la chair.
Seul l'âme en sortira.
Epurée.
#ciel01 :
Le corps cotonneux paralysé.
Les airs forment un tableau coloré de centaines de signatures semblables au cadavre-nuage.
Il s'ouvre et tout sera terminé.
Tout est terminée.
Ils sentent l'appel lointain et se préparent à la danse.
Ils tremblent et se resserrent.
Couleurs négatives, tremblement de ciel.
Tu es né là, petit grain de poussière.
Tourbillon de couleur, écho sans fin,
Ce sera ta nuit.
L'ascension majestueuse impose un silence religieux.
La naissance-mystère d'un astre.
Rock'n'Roll Frenzy :
Shake shake shake shake
and scream
scream and cry
and shake
and sing and dance
DANCE DANCE DANCE AROUND YOUR HEAD !!!!!
Une plume pour seule maison :
A tes cotés, rien ne pourra plus jamais échouer.
On a les rêves à portée de main, tendons les juste un instant,
Histoire de saisir quelques bribes d'avenir.
Je fredonnerai des fleurs dorées au rythme de ton coeur-accordéon.
Par une fenêtre avec vue sur l'esprit tu m’interpelleras de ton oeil mi-clos.
Ensemble nous façonnerons des baisers bleus
Et les jetterons au coin du vent.
Rien que toi et moi, nous ferons se coucher le Soleil en Orient,
Et lèveront le drap de la nuit pour une vie de chant.
Si tu m'aimes, allons nous en.
Je soufflerai des pétales pliés au rythme de ton coeur-accordéon.
Par un cadre en bois tu m’inviteras de ton oeil-photo.
Ensemble nous façonnerons des baisers bleus
Et les jetterons aux coins du monde.
Rien que toi et moi, nous ferons se coucher le Soleil en Orient,
Et lèveront le drap de la nuit pour une vie de chant.
Si tu m'aimes, allons nous en.
La musique au moment où il s'endort :
Comment raconter les sons qui se mélangent à mon bazar encéphalique?
Comment décrire ce que l'on ne voit pas?
Comment y croire?
Comment raconter les sons qui envahissent mon sommeil misanthropique...
teenager's fear :
oubliez ce qui a pu me nuire et me faire pleurer ne retenez que ma fierté que j'étouffe sous des tonnes de regrets oubliez ces regrets ne vous rappelez que des émeutes que j'ai à peine murmurer les révoltes qui m'enchantent et que je ne sais rejoindre je veux me mettre à nu face aux mots qu'ils m'habillent tout entier et me guident oubliez mes complaintes sincères et défigurées je veux oublier
#03CIEL :
Détonation répétée, beat frénétique d'un malheur à venir.
Le coup part et raisonne dans l'immensité
Les nuages s'enivrent de violence, les éclairs pourpres dansent.
Apocalypse "heavy-symphonique"
Orchestré par un Beethoven sous LSD
Destruction, dans le maelström de vapeur, loin au dessus de la terre.
La mort-mystère d'un astre.
Tu mourras là, petit grain de poussière.
Tourbillon de non-couleur, écho sans fin.
La maison de pierre et son architecte, expression:
Il pleut de plus en plus fort et le ciel se mélange à lui même.
Les éclairs se font plus violent et je peux voir la vallée. Si tout est si sombre, c'est aussi parce que les herbes elles mêmes sont noires.
Les gouttes électriques dévorent peu à peu la terre dans un vacarme assourdissant.
La maison de pierre tremble de peur.
A moins que ce soit mon coeur.
Les arbres solitaires meurent les un après les autres, victimes des longs doigts pourpres des nuages lourds de rancoeur.
Le soleil ne réapparaîtra pas.
Je suis bel et bien perdu dans une sombre vallée gardée par douze pierres.
Si tout ceci n'est qu'un rêve, je veux disparaître.
Si tout ceci n'est qu'un rêve, pourquoi m'a t'il choisi?
J'entends la maison de pierre m'appeler.
Elle me déteste.
J'entre...
14+1 :
Si tu m'aimes, allons nous en.
Surfer sur nos vagues promesses.
Mâcher la lune comme un bonbon gardé jalousement.
Prendre n'importe quelle route
Ou même couper à travers champs.
Nous pourrions crier sans peur des autres,
Nous faire pirates et voler le temps.
Parler de l'automne qui s'enroule à nos poignets,
Ecouter ces chants et les revêtir.
Marcher toujours plus haut.
Enchanter le regard des dieux,
Les laisser nous oublier.
Je veux tenir ta main sans la serrer
Car peut-être tu t'en iras.
Si tu m'aimes, partons maintenant...
(praesagium), une nuit :
Tes ailes ont maintenant fondues, et te voila au fond de l'océan
Aussi profond qu'est l'ennui.
Tu me manques.
Tu ne m'as pas écouté mais
Tu me manques.
Tu oublieras alors ta folie,
Que les augures soient maudits,
Et retombera dans le silence et l'oublie.
Comme avant que je n'arrive.
Comme chaque rêveur face à la foule.
Tu me manques.
Accorde moi cette valse.
Rideau.
L'Architecte :
Il entra dans la maison de pierre et découvrit les rouages du monde. De son monde.
Son coeur bat en choeur avec les machines d'airain.
Une odeur de mercure et de sang.
Il espérait la trouver là.
Il voulu sortir mais il était maintenant enfermé dans la maison de pierre.
Les mécanismes de cette gigantesque horloge grincent mélodieusement.
Tout semble à sa place pour lui. Il refuse de croire, mais il sait que tout est bien orchestré.
Ce décor, ces engrenages lui semblent si familier...
Mais il espérait la trouver là.
Il comprit alors.
Cette machine n'est autre que lui même.
Cette maison n'est autre que lui même.
Il s'y est réfugié par peur des autres.
Il en est l'Architecte.
Il est son propre Architecte.
Et si elle n'est pas là, c'est qu'il est elle.
Outro :
Il y avait du vent.
Trop peu de vent.
Il y avait du temps.
Pas assez de temps.
Il y avait du bruit.
Juste un murmure à trancher le vacarme.

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